Réflexion sur l’examen régional de français de l’académie de l’oriental

22328 مشاهدة

Oujda Portail: Zaid Tayeb

Réflexion sur l’examen régional de français de l’académie de l’oriental

Tout d’abord, le volume du texte (16 lignes) me semble trop peu dense pour un examen de la dimension du baccalauréat, ce qui explique l’incapacité de l’équipe pédagogique chargée de la conception de l’examen régional à varier les questions de manière à engager les candidats sur la voie de la réflexion. Celui qui consulte les questions posées peut remarquer aisément leur stérilité, leur aridité et leur caractère répétitif.Je vais tenter de survoler les questions une à une :Sur 10 questions, quatre d’entre elles (2, 3, 7 et 8) sont des questions à choix multiple. Ce qui constitue une proportion proche de la moitié (40%). Il est évident que l’équipe se tournait les pouces pour formuler des questions dignes de figurer dans un examen du baccalauréat, tellement le caractère simple et court du texte est déconcertant. Il avait fallu faire du n’importe quoi pour trouver les 10 questions nécessaires pour que l’examen régional de français soit conforme au ‘’cadre de référence de langue française-2010’’.La question 2 me semble ne mener nulle part : quel est l’intérêt, pour l’élève et pour l’examinateur, de dire ou de savoir si ce texte se situe au début, au milieu ou à la fin de la tragédie ? Si la question avait été agrémentée par une autre demandant aux candidats de justifier leur réponse, elle aurait revêtu un caractère pertinent et peut-être même judicieux. Mais en rester au stade de dire qu’elle constitue un dénouement, ce me semble le comble de la sécheresse et de l’inutilité.Les données de la question 5 offrent aux candidats la réponse à la question 3. ‘’Pour traduire l’AFFOLEMENT de Créon’’ de la question 5, offre, en amont, aux candidats la réponse à la question 3 ‘’ Le Messager, fait irruption, criant : AFFOLE’’. Il suffit aux candidats, arrivés au niveau de la question 5 de relever les yeux pour s’assurer de la bonne réponse de la question 3.La question 5 : ‘’Enlevez les pierres, enlevez les pierres’’ : Est-ce une anaphore ou une simple répétition ?Sachant que la première a une fonction ornementale, décorative en plus de sa fonction discursive, la seconde, employée dans des circonstances un peu particulières comme la colère, l’affolement, ou l’épouvante, et dans la langue commune, elle sert simplement à insister en répétant le même discours n fois. En résumé, l’anaphore est une partie de la répétition tout comme le pléonasme ou la redondance. Cette phrase répétée deux fois par un personnage éprouvé, n’est rien d’autre qu’une répétition, à défaut d’un autre mot plus approprié et plus convenable à une telle situation et qui sache rendre mieux le sens. Il me semble que si les candidats répondent que c’est une ‘’anaphore’’, il manque à cette ‘’ anaphore’’ le caractère poétique d’une figure de style. S’ils répondent, au contraire, que c’est une ‘’répétition’’, la répétition, n’est pas une figure de style mais ce sont ses constituants qui le sont.Les raisons que la question 6 demande aux candidats ne se trouvent pas dans le texte mais dans l’œuvre. La question porte sur l’œuvre, non sur le texte que les candidats ont entre les mains. Elle devait être formulée ainsi : ‘’D’après votre lecture de l’œuvre, pour quelle(s) raison(s) Hémon se révolte-t-il contre son père ?’’La réponse est dans le face à face entre Créon et Hémon quand celui-ci dit à celui-là : ‘’Crois-tu que je pourrai vivre, moi, sans elle ?…….’’(page 102-103 : La Table Ronde)Je me demande pourquoi, au niveau de la question 8, l’équipe pédagogique, celle d’Oujda entre autres, s’évertue à utiliser le mot ‘’tonalité’’ à la place de celui qu’offrent ‘’Les recommandations pédagogiques et programmes relatifs à l’enseignement de la langue française’’. En effet, les recommandations parlent de ‘’registres’’ de langue. Les professeurs et l’équipe pédagogique chargée de la conception de l’examen régional, doivent utiliser la même terminologie, pour ne pas dérouter les candidats. Il est vrai que la tonalité est tantôt dite ‘’registre de langue’’ tantôt ‘’registre littéraire’’ mais les uns et les autres devront s’aligner derrière ‘’la nomenclature des recommandations pédagogiques’’.La question 9 n’est pas bien loin du sujet de production écrite. ‘’Dans le texte, Hémon défie son père. Que pensez-vous de cette réaction ? Justifiez votre réponse’’ VS ‘’Hémon s’oppose à son père et lui crache au visage. Donnez-vous raison aux enfants qui agissent violemment à l’égard de leurs parents ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’arguments et d’exemples précis’’. La production écrite : c’est un sujet argumentatif, nul doute. Cependant, le candidat sera incapable de fournir 3 ou 4 arguments convaincants sans tomber dans le tourbillon du ‘’déjà dit’’ : obéissance, écoute, docilité, respect, soumission, tous ces arguments ne sont en fin de compte qu’un seul. De plus, les candidats, au lieu d’argumenter, ils seront amenés à donner des conseils aux enfants.Le sujet de rédaction n’offre pas aux candidats les perspectives d’exprimer des points de vue argumentés en Thèse/Antithèse/Synthèse. Il serait inapproprié et immoral que les candidats disent ‘’je donne raison aux enfants qui agissent violemment à l’égard de leurs parents’’. Pourtant, c’est ce volet-là qui est plus riche en arguments que celui ‘’ Je ne donne pas raison aux enfants…..’’ qui conduit nécessairement les candidats à donner des conseils et par conséquent tomber dans le type injonctif.En conclusion, l’examen régional avec son texte et ses questions, est d’une simplicité proche de la candeur. Tout juste s’il est bon pour des candidats de troisième année du collège. Quant à la production écrite, elle n’offre pas aux candidats la possibilité d’argumenter mais de donner des conseils.Zaid Tayeb

اترك تعليق

كن أوّل من يعلّق

نبّهني عن
avatar
‫wpDiscuz