Rachid Nini à “lobservateur” : Je ne m’attends à rien des parlementaire

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Un débat national sur les médias et leur rôle dans la société marocaine est initié actuellement au sein du Parlement par les groupes parlementaires de l’Istiqlal, l’USFP et le PAM avec le soutien du PPS, du MP et du RNI. Fatiha Layadi, du PAM, explique les objectifs de cette initiative : «Nous voulons entamer un dialogue profond et serein tout en laissant de côté les petites choses du quotidien. L’objectif est d’assainir la relation entre la société et ses médias et non seulement entre l’Etat et les médias. Ce débat sera l’occasion de savoir si on veut un Code de la presse pour les cinq prochaines années ou bien un texte pour le long terme, plus ouvert et plus sérieux. Ce qu’on cherche aujourd’hui c’est que la presse dialogue avec la société». Les audiences au Parlement sur les médias devront se terminer en avril et déboucher sur un Livre blanc.

Rachid Nini
Rachid Nini

L’Observateur du Maroc. On vous présente comme un modèle de success story dans la presse au Maroc. La presse est-elle une bonne affaire ?

Rachid Niny. La réponse à cette question dépend de la stratégie et des missions choisies par les responsables de l’organe de presse. Ainsi, la réponse diffèrera selon qu’il s’agisse d’un journal à vocation commerciale ou rédactionnelle, ou d’un journal qui se veut au service d’un lobby politique ou économique.

La presse est une aventure qui nécessite, en plus de la déontologie, du professionnalisme et d’un capital matériel, un autre capital tout aussi important qui est celui de l’indépendance. A cela s’ajoute, bien sûr, la crédibilité. Ces deux éléments permettent de durer dans ce métier, une chose que même l’argent ne permet pas. L’exemple parfait en la matière, c’est celui d’Al Massae qui, avec un capital de départ dérisoire, qui n’atteignait même pas les 900.000 DH, a réussi à être rentable dès ses trois premiers mois de parution. Et dès la première année, il est devenu le premier quotidien de la place.

Avez-vous pu concilier entre le développement de vos publications et le respect des droits sociaux de vos journalistes ?

Dès le départ, le respect des engagements sociaux était indiscutable. La preuve en est que tous les droits sociaux (CNSS, CIMR, mutuelle et AMO) de tous nos employés sont garantis. Pour les salaires, les journalistes d’Al Massae sont parmi les plus choyés du secteur. ?a commence à partir de 7000 DH pour atteindre les 30.000 DH.

Vous avez travaillé dans la presse partisane comme dans la presse privée. Laquelle des deux respecte le plus les droits de ses employés ?

Il est difficile de généraliser car dans notre secteur il y a de tout. Reste que la presse partisane est l’une des presses les plus arriérées au Maroc et qui respecte le moins le code du travail. Al Bayane, Al Alam ou Al Ittihad Al Ichtiraki par exemple ont des problèmes avec leurs journalistes, tels les retards dans le paiement des salaires ou l’absence de couverture CNSS. Et c’est là tout le paradoxe. Alors que les partis qui éditent ces journaux se présentent comme des défenseurs du peuple, ils ne respectent même pas leurs propres employés. Cela montre à quel point les partis sont hypocrites et qu’ils nous servent un discours qu’eux mêmes n’appliquent pas. La dernière trouvaille de ces partis c’est qu’ils veulent nous donner des leçons et nous trouver des solutions pour notre secteur.

Vous faites allusion au débat initié par les groupes parlementaires de l’Istiqlal, l’USFP et le PAM avec le soutien du PPS, du MP et du RNI qui commence ce jeudi ?

Absolument. Les principaux problèmes de la presse au Maroc concernent leur presse, la presse partisane. Le ministre de la Communication nous fait la morale alors que les journaux de son parti vivent des problèmes énormes et ils sont toujours en grève.

votre avis, ce débat national sur le rôle et l’avenir des médias dans la société marocaine ne sert donc à rien ?

Je ne m’attends à rien de la part d’élus qui ne sont même pas présents lors du vote des lois importantes pour la vie des Marocains comme la loi des finances ou le code de la presse. Ils ne sont pas disponibles pour trouver des solutions pour le secteur qui nous concerne. Le grand problème ce sont nos parlementaires. Ils devraient organiser une journée pour trouver des solutions à leur absentéisme et à celui des ministres. Après, ils pourront discuter de l’état de la presse.

Rachid Nini
Rachid Nini

Vous avez bénéficié de la subvention prévue dans le contrat-programme entre l’Etat et les éditeurs, mais vous continuez à être insatisfait…

Vu les impôts qu’on paie et les charges (papier, imprimerie et distribution), la subvention ne représente rien. Au lieu de nous donner de l’argent, il suffit que l’Etat nous réserve un traitement qui prenne en considération les spécificités de notre secteur, comme c’est le cas à l’étranger. La presse n’est pas comparable aux autres secteurs de l’économie. Nous ne vendons pas une vulgaire marchandise. Les journaux forment l’opinion publique et contribuent à informer et à cultiver les gens. Donc, le taux d’impôt doit prendre en considération ces particularités.

La semaine dernière, vous avez cédé le quotidien Le Soir échos et le magazine Nejma. Votre stratégie de développement n’a donc pas été concluante ?

Il faut savoir que le groupe a connu plusieurs changements dans son tour de table. Des actionnaires l’ont quitté pour créer leur propre support. Anouzla a créé Al Jarida Al Oula, Bouachrire a fondé Akhbar Al Yaoum [devenu Akhbar Al Yaoum Al Maghribiya après son interdiction] et Samir Chaouki dirige Les Echos quotidiens. Ma vision ainsi que celle des autres actionnaires, c’est de se focaliser sur Al Massae qui est la locomotive. Il y aura des parutions, mais qui seront des dérivés du quotidien en format magazine avec des thèmes. Pour les projets qu’on a créés, ils ne sont pas perdus, ils continuent à exister.

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