Oujda: Le souk de lazaret nous empoisonne la vie

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Oujda: Zaid tayeb/ Oujda Portail: Oujda le 26 juillet 2013, “Le souk de lazaret nous empoisonne la vie”

Le chaos engendré par les ‘’farrachas’’ ou marchands à la sauvette taraude les habitants et les passagers qui endurent dans l’indifférence de l’autorité sise deux rues plus bas. Toute une populace que la nuit a vomie ou avortée a pris d’assaut les trottoirs et les rues de la périphérie du souk de Lazaret pour y venir prendre possession. ‘’Farrachas’’ à même le sol, triporteurs à moteur, charrettes à bras, charrettes à baudet, occupent les trottoirs et les rues tout autour du souk hebdomadaire de Lazaret comme les manifestants d’Egypte la place Rbiaa Al Adaouya ou celle d’Attahrir. Toute la canaille, toute la crapule toute la fripouille hostile, criarde et aboyante, prête à livrer et à se livrer bataille pour un empan ou un sou, pour un oui ou pour un non, s’est donné rendez vous pour obstruer les rues et les trottoirs aux véhicules et aux passants, fermant les accès au gagne pain des marchands du souk qui étouffent devant leurs étals sans clients, empêchant les riverains de rentrer ou de sortir de chez eux. De temps en temps, les voix s’élèvent, montent, explosent en des invectives inaudibles. Elles se transforment en peu de temps en cris proférés sur tous les tons, dans les registres les plus vulgaires, les plus grossiers, dans des langues inarticulées, inhumaines. Les cris deviennent des menaces. Puis les armes font leur apparition : couteaux de poche, gourdins, barres de fer, pierres et unités de poids…A peine les esprits se calment-ils ici qu’un peu plus loin une autre bagarre éclate ameutant les badauds qui s’attroupent formant des cercles ouverts ou fermés sur les ennemis qui s’entretuent.

Cela est ainsi quatre fois par semaine (mardi, mercredi, samedi, dimanche). Quatre jours de supplice pour les habitants, pour les passagers et pour les clients qui viennent faire leurs achats au souk et qui se trouvent harcelés et pris en otage par les ‘’ farrachas’’. On s’en va au souk pour faire ses achats, on en revient insultés, agressés ou volés avec les promesses de ne plus y revenir mais on y revient. Nécessité oblige.

Le dispensaire de Lazaret, cerné de toutes parts par les ‘’farrachas’’ qui y bloquent l’accès aux femmes venues avec leurs enfants ou leurs bébés sur le dos, dans les bras ou dans les poussettes, ne se reconnaît plus comme un lieu de soins et de santé mais comme une zaouia un jour de moussem. allez voir dans quelles conditions on pratique la médecine, on soigne les enfants en bas âge , les nouveaux nés et leurs mères dans ce dispensaire que les ‘’farrachas’’ prennent en otage, bloquent les entrées et les sorties. Les lendemains des souks, le lieu n’est plus qu’ordures, mares d’eaux noirâtres et jaunâtres d’où s’exhalent des odeurs à soulever les cœurs. Chats et chiens errants venus remuer avec leurs museaux les restes des peaux de raies ou de pattes et de têtes de poulets laissées sur place par les poissonniers et les marchands de poulets. D’autres immondices attirent sur elles des nuées des mouches et d’insectes.

Et le lendemain, le souk reprendra ses activités dans les mêmes conditions, avec les mêmes ‘’farrachas’’ qui feront venir d’autres et d’autres encore : le vide engendré par l’absence des autorités est colmaté par les farrachas. La nature n’aime pas le vide, dit-on à juste titre et en pareilles circonstances.

Oujda: Le souk de lazaret nous empoisonne la vie
Oujda: Le souk de lazaret nous empoisonne la vie

Zaid tayeb

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