Le Sahara marocain: Les failles du lobbying d’Etat

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Oujda Portail: Maintenant où les américains ont retiré leur projet de résolution et que les esprits se sont calmés, il est indispensable de revenir sur cette affaire afin d’en tirer des leçons. Le traitement du dossier du Sahara mérite d’être pris au sérieux ou en tout cas autrement. Notre diplomatie est appelée à changer son approche. 

Au vu de ce qui se passe sur la scène stratégique internationale, le Maroc doit revoir sa stratégie d’influence et de rayonnement. Une démarche qui passe aujourd’hui par la maitrise de certains vecteurs clés tels que la production de la connaissance, la constitution d’un réseau et l’implication de l’ensemble des acteurs nationaux. 

Pour déstabiliser la diplomatie marocaine et remettre en question le plan d’autonomie de 2007, le Polisario a mobilisé ses alliés pour déplacer l’affaire du Sahara dans un débat sur les droits de l’homme. Une manœuvre qui a été minutieusement préparée via plusieurs provocations telles que l’affaire Aminatou Haidar et les événements de Gdeim Izik. A cela s’ajoutent plusieurs actions d’influence et de rapprochement qui ont été menées auprès de la société civile de plusieurs pays. 

Pour anticiper ce genre de manœuvres, le Maroc doit déployer une stratégie bien construite et une démarche solide. Cela exige des ressources et une approche proactive et offensive afin de mettre en œuvre des actions efficaces et concrètes. 

Nous devons désormais prendre au sérieux et gérer stratégiquement cette affaire. Imaginer une approche globale susceptible de mobiliser l’ensemble des acteurs (politiques, économiques, la société civile, les ressortissants marocains à l’étranger…) autour de la question du Sahara. Notre diplomatie doit aussi renouveler sa méthodologie en intégrant des nouvelles ressources et compétences et initier ses collaborateurs aux nouvelles pratiques d’influence et de lobbying. 

Un simple audit de la présence de la position marocaine sur internet et dans les médias internationaux, nous permet de se rendre compte de la nécessité d’une intervention innovante pour rattraper le retard accusé sur ce terrain. Le Maroc a « loupé » la dernière intervention militaire de la France au Mali pour relayer l’implication du Polisario dans le développement du terrorisme au Sahel. Un rapprochement qui a été absent dans le débat public tout au long de l’intervention. 

Il est aussi indispensable de prendre en compte l’évolution et le chamboulement qu’ont connu les relations internationales ces dernières années afin de consolider notre positionnement sur la scène internationale et diversifier nos alliés en vue de peser et de favoriser une issue favorable dans une négociation politique. 

Pour conclure, le Maroc doit tirer des leçons de cet événement et en faire un tournant dans la gestion du dossier du Sahara. Il doit faire preuve de proaction et de réactivité en communicant sur les avancées économiques et sociales réalisées dans la région et en mobilisant ses réseaux d’influence pour informer l’opinion nationale et internationale.

Le Sahara marocain: Les failles du lobbying d’Etat
Le Sahara marocain: Les failles du lobbying d’Etat

Tagué : Jamal Mossaddeq

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