Le mouvement des enseignants, le calvaire des professeurs dont les femmes sont au foyer / Oujda: Zaid Tayeb

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Oujda: Zaid Tayeb/ Oujda Portail

C’est chaque année pareil; c’est chaque année les mêmes attentes suivies des mêmes déceptions pour les mêmes types d’enseignants. En effet, une bonne partie des postes bénéficie aux professeurs dont les femmes sont également professeurs. Le couperet du rapprochement de l’heureux époux de l’heureuse épouse ou de l’heureuse épouse de l’heureux époux tous deux enseignants tombe froidement sur les têtes de leurs collègues dont les femmes sont au foyer. La note ministérielle qui régit le mouvement des enseignants favorise les uns sur les autres bien que les premiers et les seconds aient le même statut, à savoir qu’ils sont tous des fonctionnaires de l’Etat et que seule l’ancienneté doit les distingue. Après que ces heureux professeurs dont les conjoints sont également professeurs se servent généreusement dans l’assiette du mouvement garnie spécialement pour eux, le peu qui en reste de ces postes se le disputent les professeurs dont les femmes sont ‘’bidoune’’, c’est-à-dire au foyer. Et qu’est-ce qui en reste ? Des miettes pour tout un peuple de professeurs marginalisés, exclus, bannis, honnis. Ce sont donc des professeurs de rang inférieur, des intouchables, une caste victime de l’utilisation honteuse de la hiérarchie dans l’attribution des postes du mouvement des enseignants. En effet, rien n’a été fait pour rendre justice à cette tranche de professeurs que les notes ministérielles défavorisent d’année en année et de manière édifiante au profit d’une autre tranche de professeurs. Il est devenu une tradition solidement ancrée par la force de l’usage et de l’injustice que, pour être muté, un professeur doit nécessairement être marié à une épouse également professeur. Ce qui signifie qu’un professeur marié à une femme au foyer n’a pas les mêmes droits que son collègue marié à une femme professeur. Ceci nous amène à ouvrir une parenthèse sur l’inégalité des sexes dont les féministes font leur cheval de bataille. Ces féministes qui militent pour l’égalité de la femme avec l’homme ferment l’œil sur les inégalités qui existent à l’intérieur des sexes : est-ce que les hommes sont égaux entre eux ? est-ce que les femmes sont égales entre elles ? Si à l’intérieur des sexes, les inégalités existent, et elles existent, il convient, me semble-t-il de les régler avant de chercher à régler les inégalités entre les sexes. Or, le mouvement des enseignants pratique la ségrégation entre les femmes professeurs dont les conjoints sont également professeurs et leurs consœurs au foyer dont les conjoints sont professeurs. La note ministérielle donne aux premiers l’avantage sur les seconds et des premières sur les secondes en leur accordant le droit au rapprochement au conjoint, ce qui est une grave atteinte au principe de l’égalité dans la fonction publique. Ainsi donc, nous pouvons constater avec beaucoup d’incompréhension la supériorité de la femme fonctionnaire sur la femme au foyer et celle du professeur/homme dont la femme est également professeur sur son collègue dont la femme est au foyer. En effet, l’article du rapprochement au conjoint concrétise l’injustice criarde et honteuse qui se manifeste dans l’inégalité entre les professeurs devant le règlement qui régit leur mouvement. La femme au foyer est donc inférieure à sa consœur professeur et le mari de la première au mari de la seconde : une infériorité double, une injustice double, un mépris double.Je crois, en ce qui me concerne, que d’une part, une femme professeur est l’égale de son collègue également professeur et que seule l’ancienneté doit les départager devant le mouvement des enseignants, que de l’autre, les professeurs dont les femmes sont également professeurs sont égaux avec leurs collègues dont les femmes sont au foyer. En conséquence, le rapprochement au conjoint est une grave atteinte au principe de l’égalité.Zaid Tayeb

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