La société civile et la migration

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Dr. El Janati Mohammed

Chercheur en sciences juridiques, administratives et politiques-Oujda Portail: Oujda 14 avril 2012

        Les mouvements migratoires ont, à travers l’histoire de l’humanité, façonné des pays, des régions voire des continents et, parfois, bouleversé leurs structures politiques, économiques et sociales. De nos jours, la migration a pris une ampleur sans précédent, tant en Europe, en Amérique, en Afrique qu’en Asie. Par ses aspects sociodémographiques et économiques, mais aussi culturels et juridiques. Le phénomène migratoire interpelle actuellement tous les décideurs politiques, ainsi que les opérateurs économiques, sociaux et autres acteurs de la société civile.

     Le processus migratoire est le résultat de l’effet combiné de plusieurs facteurs où la composante économique joue un rôle moteur. La situation économique dans les pays caractérisés par une forte émigration est généralement précaire, notamment en raison du fait que certaines économies, en particulier en Afrique, sont tributaires d’un produit unique, manquent de flexibilité et sont affaiblies par le surendettement, la baisse continue des prix des produits de base et un chômage élevé chez les jeunes. L’image de la réussite sociale qu’affiche l’émigré de retour au pays pendant les vacances, et l’impact des supports audiovisuels en provenance des sociétés d’abondance, sont des facteurs incitant chaque jour de nouvelles personnes à tenter d’immigrer clandestinement, et expliquant le développement exponentiel des réseaux illégaux de transport et, dans certains cas, de trafic d’êtres humains et d’exploitation des travailleurs migrants. Dans ce sillage, la question qui s’impose est la suivante :

· Quel rôle peut jouer les organisations de la Société Civile dans le développement positif de l’application des différentes politiques de gestion des migrations internationales ?

  1. A.    Migration Internationale et société civile

       La société civile amène une dimension humaine essentielle à la mise au point de politiques de gestion de la migration et fait en sorte que la voix des migrants soit entendue. Les organisations non gouvernementales, les groupe de défense des droits, les syndicats, le secteur privé et les communautés religieuses peuvent constituer autant de réseaux aux niveaux local, national et international, susceptibles de renforcer encore les relations entre les gouvernements et les communautés immigrées et d’améliorer les processus d’intégration. En outre, un partenariat  entre les organisations de la société civile des pays d’origine de transit et de destination de migrants peut contribuer à l’amélioration et au maintien des droits humains des migrants, un élément essentiel d’une gestion saine des migrations.

  1. B.   Le dialogue social est au cœur  de la politique d’immigration

       Le dialogue social, ainsi qu’un cadre fondé sur les droits, doivent se trouver au cœur de la politique en matière de migration. De nos jours, des millions de travailleurs migrants sont scandaleusement exploités dans le monde entier. La captation des cerveaux des pays en voie de développement par les pays industrialisés a bien évidemment, elle aussi, des conséquences négatives sur la réduction de la pauvreté. L’importance des mandats postaux doit également être prise sérieusement en considération, car les économies de certains pays en voie de développement en dépendent.

     Les gouvernements sont tenus d’assumer leurs responsabilités en matière de droits sociaux et de droits de l’homme, et à mettre en place des cadres réglementaires respectant les droits fondamentaux des migrants, quel que soit leur statut, en conformité avec les instruments des Nations Unies et de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), régissant les droits fondamentaux et les droits du travail dont doivent bénéficier les travailleurs migrants. Ainsi, les politiques de migration ne doivent pas compromettre la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Par ailleurs, elles doivent être cohérentes avec les politiques nationales de mise en œuvre de l’agenda en matière de travail décent. Les cadres politiques devaient reconnaître que les lacunes dans le domaine du travail existant dans les pays en voie de développement, ainsi que l’échec de l’économie mondiale à créer des emplois là où vivent les gens, constituent des facteurs essentiels du « syndrome de migration par nécessité ». La garantie de services publics de qualité, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la protection sociale, est une priorité très claire des acteurs de la société civile.

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