L’apprentissage de l’intégration : est–il une nouveauté dans les curriculums marocains?

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L’examen certificatif des mathématiques, du cycle primaire marocain, durant les décennies 60 et 70 du siècle dernier, était libellé comme suit :

-Poser et effectuer les opérations suivantes (+,-,x,:)

-Transformer (unités de longueurs, de surfaces, et de volumes)

– Calcul sexagésimal

– Problèmes significatifs de mobilisation des acquis

Partons maintenant, de la phrase célèbre de Jean-Marie DEKETELE : « Dis-moi comment tu évalues, je te dirai qui tu formes ». L’évaluation citée ci-dessus, montre clairement qu’au Maroc on a procédé à l’intégration des acquis depuis très longtemps. Une intégration réalisée à partir d’une pédagogie « libérale» non stéréotypée, comme l’actuelle pédagogie de l’intégration de Monsieur Xavier ROEGIERS.

Dans le guide d’intégration, les compétences citées conservent la même formulation dans tous les niveaux, à savoir : « Au terme de la …année, et à partir des supports, l’apprenant est capable de résoudre une situation problème significative et complexe, en mobilisant de manière intégrée un ensemble de ressources concernant » On remarque dans cette formulation que seulement les ressources qui changent. On se trouve ainsi confronté à des questions problématiques suivantes :

– Ces compétences sont –elles imposées par le contenu des programmes ?(Quatre paliers de la compétence /Quatre parties du programme)Ou, sont-elles un résultat d’une analyse de besoin de la société marocaine ? Si oui, qui a la prééminence d’être élaborer, en premier lieu, les compétences ou les programmes ?

– Comment peut-on-mobiliser les ressources, avec quels moyens, et dans quelles conditions ? 

Dire que l’élève est compétent à un instant donné n’a pas de garantie effective. L’élève apprend à intégrer ses acquis tout le long de son cursus scolaire, la compétence évolue au fil des jours et à travers l’exercice. Comme le dit LE BOTERF(1995) « A la différence de la pile bien connue, la compétence ne s’use que si on ne l’utilise pas » .Il ne suffit pas qu’un élève s’exerce sur une ou deux situations problème qu’il deviendra compétent. L’élève apprend continument les stratégies, la modélisation, la mathématisation des situations et le raisonnement mathématique.Le choix de la pédagogie de l’intégration comme cadre méthodologique d’opérationnalisation de l’approche par compétence nécessite, avant tout, l’amélioration des apprentissages fondamentaux. En effet les savoirs construits font appel à l’autonomie de l’apprenant, qui, à la suite, passe à la résolution de problèmes, c’est-dire à l’exercice de la compétence proprement dite.On ne peut pas enseigner d’une façon stéréotypée à des apprenants différents. Aujourd’hui, on a tendance à apprendre abusivement l’intégration à nos élèves dans une répartition stéréotypée des taches au cours des semaines destinées à l’intégration.Ce n’est qu’à travers, un programme allégé et des compétences issues d’une analyse de besoin de notre propre société et une installation constructiviste des ressources fondamentales, qu’on peut passer au développement des compétences, dans un cadre plus libre, permettant à l’enseignant d’exploiter ses propres pratiques. Les stratégies de résolution des problèmes et le raisonnement mathématique qui existaient dans les curriculums marocains depuis l’indépendance, doivent être tenus en compte dans l’élaboration et le développement des compétences.

 

L’Apprentissage de l’intégration : est–il une nouveauté dans les curriculums marocains ?
L’Apprentissage de l’intégration : est–il une nouveauté dans les curriculums marocains ?

MOURAD LAKHSIMINSPECTEUR PRINCIPAL DE MATHEMATIQUES

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