Franciser ou dialectaliser notre enseignement ?Oujda: Zaid Tayeb

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 Oujda: Zaid Tayeb/ Oujda Portail:  Il y a quelque temps, deux voix antagonistes se sont élevées pour venir à la rescousse du système éducatif et scolaire de notre pays dont il est dit, à juste titre, qu’il s’effondre. Tout le monde s’accorde à dire que le système éducatif et scolaire de notre pays s’effondre sur les jeunes têtes des générations en cours de scolarité. Tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il est temps d’entreprendre une quelconque réforme pour sauver ce qui reste encore à sauver de ce système moribond. Cela est un amer constat. Il reste à savoir comment s’en sortir.  Nous avons attendu que les responsables soient plus clairvoyants et plus entreprenants pour trouver une issue réaliste qui mette au centre de ses préoccupations l’intérêt de la nation et celui de l’identité de ses citoyens. Nous n’avons à aucun moment imaginé en arriver à entendre parler ni de la francisation des matières scientifiques, ni de la dialectalisation de l’enseignement. Cette idée, si c’en est une, ne peut poindre que dans la tête de ceux qui entretiennent encore des liens de nostalgie avec leur maître d’hier et qui continuent malgré les années d’affranchissement à lui prêter allégeance, ou dans la tête d’un esprit obscur qui n’est pas encore sorti de la caverne et de son patois . Le Maroc est un pays souverain et sa souveraineté repose d’abord sur son identité dont l’une des pièces maîtresses est sa langue, à savoir la langue arabe qui est celle de sa religion et celle de la communauté arabe qui s’étale du golfe arabique à l’océan atlantique. Troquer sa langue contre une autre c’est frapper en profondeur l’identité des citoyens et la souveraineté du pays. Franciser les matières scientifiques c’est nous frapper dans notre marocanité, dialectaliser notre enseignement, c’est nous abrutir et nous enfermer dans une entité close.

   Nous avons attendu que la réforme porte sur l’allègement des programmes, sur la réduction de certaines matières secondaires au profit de matières principales, sur l’amélioration de leur contenu, sur la promotion de leur qualité, et sur d’autres choses bien plus agréables et bien plus utiles aussi bien pour nos élèves que pour notre culture arabo-berbéro-musulmane, mais à aucun moment nous n’avons pensé que la réforme aurait l’allure d’un appel au protectorat ou à l’âge de la caverne . La francisation des matières scientifiques n’est pas une réforme mais un abandon de l’arabisation entamée il y a bien longtemps et mise au point mort à la fin du cycle qualifiant. Faute de pouvoir pousser le processus de l’arabisation au-delà du ce cycle qualifiant pour qu’il couvre l’ensemble des universités et des grandes écoles, les réformateurs d’hier se sont arrêtés à mi-chemin, ne sachant que faire: continuer ? Rester là ? Revenir ? Le processus de l’arabisation s’est grippé et le train s’est arrêté entre la station de départ et le terminus. Faut-il avancer, reculer ou rester là où l’on est ?

Tout dépend du chemin parcouru et de celui qui reste à parcourir. C’est une question de distance. Accepte de rester au point mort, c’est refuser le changement, c’est laisser perdurer le mal à l’origine de l’effondrement du système éducatif et scolaire. Franciser les matières scientifiques comme au temps d’autrefois, c’est consentir à cœur citoyen ou à cœur déloyal de faire Sisyphe qui accomplit une tache éternellement inutile.

Mal utilisée et mal considérée, car son statut mal défini, la langue française devient un lourd fardeau que doivent porter nos enfants dans leurs cartables. C’est un frein à leur scolarité et à leur succès scolaire. C’est un joug qui nous retient à la France et à la culture française. Revenir à la langue française n’est-ce pas revenir à la France ? N’est-ce pas  être à la France ?  

Je crois, pour ce qui me concerne, que la langue française est la source de bien de problèmes des apprenants et nous n’avons qu’à considérer leurs notes de français aux examens. Les responsables doivent donc distinguer entre la réforme de l’enseignement du français dans notre pays et la réforme du système éducatif et scolaire. A quoi cela nous avance-t-il de franciser les matières scientifiques, sinon à renforcer le statut de la langue française au détriment la langue arabe ? A quoi sert-il de franciser les matières scientifiques sinon à ajouter au mal existant un mal en préparation ? Quant à la dialectalisation de l’enseignement, il vaudrait peut-être mieux ne pas en parler.

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