Entretien avec Abdelatif Hadj Hamou, président du directoire MEDZ «La région de l’Oriental à l’ère de l’offshoring»

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Oujda Portail: Entretien avec Abdelatif Hadj Hamou, président du directoire MEDZ
«La région de l’Oriental à l’ère de l’offshoring»La stratégie pour mieux connecter la région a toutes les chances de réussir.C’est Don Hoefler, un journaliste de San Fransisco, qui inventa en 1971 le nom de Silicon Valley qui, à ses tout débuts, n’était qu’un groupement de quelques jeunes entreprises, pour la plupart des stratups créées dans les garages des maisons familiales ! Quelques décennies plus tard, grâce à un environnement universitaire favorable et des sources de financement disponibles, la Silicon Valley, qui a créé des millions d’emplois, est devenue «l’épicentre technologique de la Californie et du monde qui offre les plus hauts salaires et emploie les meilleurs cerveaux du monde» !Osons une idée, toutes proportions gardées, même si celle-ci prêterait à sourire ! Au Maroc, l’Oriental se dote d’une technopole, c’est-à-dire «d’une cité où la matière première est l’immatériel, l’information, le savoir-faire et la connaissance». Cette technopole pourrait être le prélude à une transformation de la région qui dispose d’un formidable capital en ressources humaines, notamment celles issues de la diaspora. Lors d’une rencontre des coopérations décentralisées qui s’est tenue à Oujda, l’un des intervenants rappelait toute l’importance de ce nouveau marqueur territorial que la coopération décentralisée avait pris en considération. Au point de travailler sur le projet de création «d’un club des agences d’innovation et des technopoles européennes». 

Parallèlement au lancement de la première tranche d’Oujda Shore, les différents partenaires devraient accélérer ce projet de Club auquel pourraient être associés universités, organismes de recherche, centres R&D pour aider au codéveloppement de toute la région. «La technopole, comme cela a été souligné, est le support de la politique de développement d’un territoire. Elle favorise la fertilisation croisée des entreprises entre elles, mais aussi avec les dispositifs de recherche. Ses principales fonctions sont l’animation et la mise en réseau des compétences, la formation à l’innovation et à l’entrepreneuriat, la création et l’accueil d’entreprises innovantes et la promotion du territoire». Ce sont ces objectifs qui sont mis en exergue dans la stratégie du groupe CDG qui accompagne par de grands projets le développement territorial du pays. En témoignent les créations du Technopole, de l’agropole et du parc industriel de Salouane, suivies minutieusement par Anass Alami et ses équipes de Med Z (voir entretien).

Dans un territoire qui a été longtemps enclavé, déconnecté du reste du Maroc, comme celui de l’Oriental, la stratégie pour mieux connecter cette région a toutes les chances de réussir. C’est l’avis de Lara Goldmark, directrice du programme amélioration du climat des affaires au Maroc, pour qui «le développement économique, l’accès aux réseaux des télécommunications est devenu aussi stratégique que l’accès à l’énergie ou à l’eau. En termes de positionnement, dit-elle, la région de «l’Oriental se projette comme le carrefour naturel du grand Maghreb. Que serait un carrefour sans connections à l’échiquier mondial des plates-formes offshore pour les nouvelles technologies ?» On comprend dès lors que ce territoire de l’Oriental, grâce à la formidable impulsion donnée par le Souverain dès 2003, grâce à l’implication de tous les acteurs de développement de la région, à la synergie créée, que ce territoire avec sa position stratégique est devenu lui-même acteur du développement.———————————————————————————————————–

L’Oriental se dote d’une technopole, c’est-à-dire «d’une cité où la matière première est l’immatériel, l’information, le savoir-faire et la connaissance».

LE MATIN: Après Casanearhor et Technopolis, Oujda Shore sera la troisième destination de l’offshoring dans le Royaume ?

ABDELATIF HADJ HAMOU: Sa Majesté le Roi a donné le coup d’envoi des travaux de réalisation de la première tranche d’Oujda Shore, situé au sein de la Technopole d’Oujda qui est un très grand chantier. Il est en effet prévu sur une superficie SHON totale de 22 500 m², pour un investissement global de 180 MDH. Oujda Shore fait entrer la Région de l’Oriental dans l’ère de l’offshoring en offrant ce que l’on appelle des infrastructures worldclass ainsi que des services de gestion et d’animation. En tant que partenaire privilégié des pouvoirs publics pour le développement territorial, le groupe CDG dirigé par Anass Alami, et sa filiale MEDZ tiennent particulièrement à garder un niveau d’excellence et déclinent leur mission en offrant aux investisseurs des sites intégrés répondant aux standards internationaux. En d’autres termes, le projet d’Oujda Shore va s’articuler autour de plateaux de bureaux, de Services de support : Business center, Guichet Unique, Centre de Formation Professionnelle, services de proximité : Food court, Crèche et cabinet médical, Infrastructures sportives, Commerces et agence bancaire.

La technopôle d’Oujda va permettre le développement du territoire de l’Oriental à partir de l’innovation. Vous évoquez l’idée de cluster, qu’entendez-vous par là ?

La technopole d’Oujda, c’est un projet complexe situé à proximité de l’aéroport d’Oujda-Angad, à 12 km de la ville, conçu sur le modèle des “cluster” de compétitivité régionaux. Il s’articule autour de quatre composantes principales : un parc industriel et logistique une “CleanTech” qui positionnera l’Oriental en tant que cluster de compétitivité axé sur le développement durable. Ce cluster sera dédié aux filières liées aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique notamment l’éolien, le solaire, les lampes à basse consommation et les chauffe-eau solaires. Il y a également une zone PME/PMI intégrant les activités industrielles et de support et activités logistiques, un Pôle tertiaire dédié à l’offshoring et activités de services, une englobant un retail park et des showrooms et enfin un Campus de formation. Pour assurer le succès de ce cluster, une offre Maroc sera mise en place pour l’appui au développement des filières des énergies ciblées. Le «package» se déclinera en plusieurs volets couvrant l’infrastructure, la production, l’équipement, la distribution, la promotion et la mise en place d’un cadre incitatif réglementaire et fiscal approprié. Le Pôle Offshoring bénéficiera des dispositions de la circulaire du Premier ministre n°9/2007 relative à la mise en œuvre de l’offre offshoring Maroc. Avec Clean Tech, notre objectif est de disposer d’industries et de services dans le domaine des énergies renouvelables et de créer un pole d’activités tertiaires en rapport notamment avec le potentiel solaire et éolien de la région. C’est un dossier qui est suivi minutieusement par le gouvernement et par le top management de la CDG selon les Orientations de Sa Majesté le Roi.

Quel est l’échéancier des réalisations de la technopole ?

La première tranche sera réalisée sur une superficie SHON de 7 500 m², pour un investissement de 60 MDH, et une durée prévisionnelle d’exécution de 18 mois. A terme, 2 000 emplois directs seront créés sur cette première tranche. Le projet de la Technopole d’Oujda représente un investissement induit de 5 milliards de Dirhams. Il s’agit d’un projet intégré qui englobe les activités dans les secteurs Industrie et logistique ; activités tertiaires ; commerce ; formation et recherche & développement. La cleantech constitue la composante phare de la technopôle d’Oujda et s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie énergétique marocaine. L’objectif recherché à travers ce projet est de créer les conditions de création d’un Cluster de compétitivité axé sur le développement durable principalement sur les filières Solaire, l’Eolien et l’Efficacité énergétique. De même, il est prévu un campus dédié principalement à la formation et à la recherche-Développement dans les domaines liés notamment aux énergies renouvelables.Le programme global s’élève à 496 ha dont 107 ha pour la 1ère tranche qui intégrera les composantes suivantes : la Cleantech sur 40 ha, les PME / PMI sur 23 ha, la Logistique sur 20 ha, les Services & Offshoring sur 4 ha et les Retail park et showrooms sur 20 ha.

Ce projet s’intègre dans une stratégie régionale de votre groupe. Quelle est-elle ?

La Technopole d’Oujda fait partie du Plan MED EST, déclinaison territoriale du Plan Emergence, qui englobe également les projets du Pôle agro-industriel de Berkane et du Parc industriel de Selouane ; Le Plan Med Est vise en fait à renforcer le potentiel industriel et de services de la région de l’Oriental qui dispose de nombreux atouts, notamment compte tenu de son emplacement stratégique, de son voisinage méditerranéen et maghrébin, de sa façade maritime de 200 km offrant des possibilités importantes pour le développement économique de la Région ; des disponibilités des ressources humaines qualifiées ; et chose importante, des disponibilités foncières.

Pourquoi avoir mis l’accent sur le secteur des technopoles ?

C’est le premier secteur dans lequel MedZ s’est impliqué dans le cadre d’Emergence en raison notamment du potentiel important de création d’emplois qui pouvait être drainé et qui l’a été puisque nous avons assisté à la création de plus de 12.000 emplois dans le secteur à Casa et Rabat. Nous avons démarré avec le parc Casanearshore suivi du parc Technopolis de Rabat Salé. Med Z conçoit le projet, fait les études de marché et les études techniques, fait les montages financiers, lance la réalisation et la commercialisation et crée des structures de gestion. Nous restons très impliqués dans ce domaine de l’offshoring qui a positionné le Maroc sur la carte mondiale des nearshoring. Nous accélérons le rythme de Casanearshore avec une troisième tranche qui fait plus de 100 000 M2, une deuxième tranche sur Technopolis qui fait 25000 m2, le lancement d’Oujda Shore et celui de Fès Shore ; nous travaillons également sur Marrakech shore.

La qualité des infrastructures de transport va également jouer un rôle déterminant ?

C’est indéniable. La région de l’Oriental connaît par ailleurs des transformations socio-économiques importantes grâce au lancement de plusieurs projets structurants notamment, je citerai la ligne ferroviaire Taourirt – Nador ; l”axe autoroutier Fès – Oujda ; la voie Rapide Oujda – Nador ; la station touristique de Saidia ; nous avons aussi dans la région deux grands projets, celui de Marchica MED et le nouveau port de Nador West-MED ; Sa Majesté le Roi vient de présider la cérémonie de signature de la convention relative au financement du projet de la voie express Oujda-Nador, d’un coût global de 1,25 milliard de dirhams. Ce projet s’étale sur la période 2012-2015 et nous le suivons avec beaucoup d’intérêt il porte sur le dédoublement de la route nationale N2 reliant Ahfir et Selouane sur 83 kilomètres, la construction de la voie de contournement de la ville de Berkane sur 14 km et de la quatrième voie d’El Guerbouz sur 4 km, ainsi que la réalisation de six ouvrages d’art sur la RN 2 et de deux ouvrages sur la voie de contournement de Berkane. C’est un projet qui comme les autres réalisations de transport aura des incidences positives sur nos projets et sur toute la région, ceux de la technopole d’Oujda, Agropole de Berkane et parc industriel de Selouane.

Une conclusion peut-être qui pourrait prendre la forme d’une présentation de MEDZ ?

MEDZ, filiale de CDG Développement, a pour mission la Conception, l’Aménagement, le Développement et la Gestion de nouvelles zones d’activités (touristiques, industrielles, offshoring et spécifiques), répondant aux normes internationales en matière d’équipement et de services, et s’inscrivant dans une démarche intégrée de recherche de performance, d’innovation et de développement durable.MEDZ accompagne et met en œuvre les politiques des pouvoirs publics en matière de Tourisme (Vision 2010), d’Industrie, de développement Agricole, de Commerce et d’énergie (Plan Emergence, Plan Maroc Vert, Rawaj..). MEDZ ambitionne de jouer un rôle de précurseur en matière de projets innovants, à travers une veille stratégique et l’accompagnement des porteurs de projets originaux. MEDZ est organisée autour de trois Pôles d’activité, le Pôle Tourisme, le Pôle offshoring et Nouvelles Technologies et le Pôle Industrie et Logistique.

Mis à part les projets dans l’Oriental, quels sont les autres grands projets sur les autres territoires du Royaume ?

Partant de sa mission et de son positionnement, MEDZ intervient sur l’ensemble du territoire marocain. Ainsi, MEDZ a réalisé plusieurs zones touristiques, dont l’Aguedal et Zahrat Annakhil à Marrakech et Ghandouri à Tanger, qui ont connu un grand succès. Elle développe également des projets de grande envergure à Fès, Al Hoceima, etc. En matière d’Offshoring et de Nouvelles Technologies, MEDZ a réalisé les projets Casanearshore à Casablanca et Technopolis à Salé. Ce dernier projet comprend, outre les activités tertiaires, une zone dédiée aux secteurs de pointe (microélectronique, nanotechnologies, etc.). MEDZ projette également de dédier des zones au nearshoring à Marrakech et Fès. Par ailleurs, MEDZ a lancé plusieurs projets de création de zones d’activités industrielles. A titre d’exemple, la zone industrielle de Bouznika et le Parc industriel de Jorf Lasfar à El Jadida ont pour vocation de dynamiser le tissu industriel marocain et de participer au développement économique de leur région. En outre, MEDZ développe actuellement des projets novateurs basés sur les concepts de Pôles de compétitivité régionaux. La création de la Technopôle d’Oujda, d’un Pôle Halieutique à Agadir et de Pôles Agro-industriels à Meknès et Berkane et de plates-formes industrielles Intégrées (P2I) à Kénitra pour l’automobile et P2I dédiée à l’aéronautique et l’aérospatial à Nouaceur sont des illustrations de ces concepts nouveaux. Ces projets s’attachent, en concertation avec le Gouvernement et les Collectivités territoriales, à réunir tous les acteurs d’une même filière dans les régions concernées (Recherche, Développement, Formation, Industrie, Administration, etc.) afin d’améliorer leur compétitivité.

Entretien avec Abdelatif Hadj Hamou, président du directoire MEDZ «La région de l'Oriental à l'ère de l'offshoring»
Entretien avec Abdelatif Hadj Hamou, président du directoire MEDZ «La région de l'Oriental à l'ère de l'offshoring»

Farida Moha | LE MATIN

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