Des scandales naissent les héros / Oujda: Zaid Tayeb

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Les scandales se succèdent dans l’indifférence des responsables qui assistent sans réagir sur les réseaux sociaux comme le simple citoyen aux drames nés des intempéries qui ont frappé le pays et la mobilisation des moyens mis en œuvre pour endiguer le mal. Je donnerai trois exemples qui paraissent à première vue anodins et sans conséquence.

Le premier exemple est celui dudit ‘’Allal Al Kadous’’, un pauvre bougre du petit  peuple qui, motivé par l’unique et seul instinct de venir en aide à ces concitoyens dont les eaux des inondations menaçaient d’envahir leurs demeures, a accouru pour entrer dans une bouche d’égout sans autre moyen de protection que son courage et son abnégation. Il plongeait en apnée dans les eaux usées  qui tourbillonnaient à la verticale pour déboucher la canalisation des corps qui l’obstruaient. On voit donc qu’en l’absence des égoutiers de la RAD ou des éléments de la Protection civile, un simple homme du peuple exécuter des taches à risques qui relèvent des compétences d’autres services qui en ont les moyens et qui touchent salaire et indemnités pour les accomplir. Sorti du néant, ‘’Allal Al Kadous’’ est un héros de circonstance.

Le deuxième exemple remonte également aux inondations qui ont frappé nos provinces du sud. Les crues des oueds ont emporté dans leurs eaux écumeuses des ponts et des chaussées, charriant dans leur rage des dizaines de citoyens dont d’autres citoyens retrouvaient les corps mutilés et sans vie quelques kilomètres en aval. Ces mêmes citoyens, dans leur simplicité et leur misère de paysans, vêtus des habits de tous les jours, défiant le vent et les cours d’eau, le froid de glace et la boue, se sont mis à l’ouvrage en se postant sur les rives ou en suivant les cours des oueds dans l’espoir de sauver des rescapés ou de ramener des corps sur la berge. Nous avons vu comment ces ‘’Allal des crues’’, ces hérons nés du petit peuple, que ne motivent que l’instinct de solidarité et un profond sentiment de la responsabilité de l’homme vis-à-vis de l’homme en détresse, ramener les corps de trépassés sur des brancards primitifs dignes des temps de la caverne, faits de branchages d’arbres, ou installer des cordes entre les berges pour récupérer ceux que le courant avait emportés. Les exploits de ces héros d’un moment, d’un jour, rentreront dans l’oubli puisque leurs mérites sont au-dessus des appréciations et des jugements hypocrites des responsables du pays. Ces mêmes responsables, avec leurs par-dessus à l’épreuve du froid, du vent et de la pluie, arrivés en 4X4  le lendemain ou le surlendemain en grandes pompes sur les lieux des drames après que la boue s’est durcie et s’est épaissie pour leurs souliers signés, ne sont-ils pas les mêmes qui, la veille ou l’avant-veille, assis dans leurs bureaux climatisés, dans des fauteuils en faux cuir , qui ont donné leurs ordres pour que les cadavres des morts emportés par les crues soient portés sur des  camions bennes qui servent à transporter des ordures ménagères ? Le pauvre citoyen n’a donc de dignité pour ces sinistres responsables, ni de son vivant ni dans sa  mort, ni pendant les belles journées ensoleillés, ni pendant les catastrophes naturelles. La solidarité n’existe qu’entre les ‘’Allal’’ et le petit peuple et restera à leur dimension.

Le dernier exemple, car on nous a appris quand nous étions petits qu’il est mauvais dans un écrit d’aller au-delà de trois exemples, revient au complexe sportif de Moulay Abdellah de Rabat. La pluie battait son plein et des mares se formaient sur le gazon transformé en étang. Les joueurs des équipes étrangères se laissaient aller sur leurs ventres sur le gazon inondé et c’était marrant de les voir s’adonner à cœur joie sur un terrain de foot comme des enfants, sous l’œil des caméras qui transmettaient les images en direct pour une bonne partie de la planète. Puis, quelques hommes, armés d’une raclette comme il n’en existe que dans l’imaginaire des gens qui en font usage, d’un lambeau d’une éponge arraché à quelque vieux matelas hors de service et hors d’usage et d’un non moins vieux bidon de peinture de marque Astral, ont investi le terrain inondé pour se livrer à une drôle de corvée : l’un des gaillards appliquait le lambeau de la vieille éponge sur le gazon tout en appuyant dessus pour qu’il absorbe un  maximum, d’eau puis le livrait au second gaillard qui le plongeait dans le vieux seau tout en appuyant dessus pour qu’il libère son  contenu liquide pendant que le troisième des gaillards s’évertuait à racler l’eau avec sa raclette disproportionnée. Pendant que nous suffoquions d’indignation et de colère, les commentateurs étrangers, à la fois amusés et ahuris du spectacle qui se déroulait sous les yeux de leurs caméras, rendaient avec des éclats de rire aux spectateurs de leurs pays le compte rendu amusant et ahurissant des gaillards qui se livraient à un étrange rite.

  En conclusion, si ‘’Allal Al Kadous’’ et les ‘’Allal des crues’’ ont agi de leur propre chef et ont utilisé leur simple force physique ou les moyens que leur procurait la nature, les ‘’Allal Astral’’ ont agi sous le commandement d’un chef dont ils ne sont que les simples subordonnés. En conséquence, si nous ne pouvons pas changer les choses, nous avons au moins le droit de nous demander qui a donné l’ordre d’utiliser un camion benne destiné à transporter les ordures ménagères au transport des cadavres des inondations des provinces du sud, et qui a autorisé ces pauvres gars à utiliser des outils tout justes bons à salir et souiller l’image de notre pays et à avilir et déshonorer ses citoyens  en direct et à une heure où le monde entier avait les yeux rivés sur les écrans des télévisions.

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