Des olives et des leçons (1/2)/ Oujda: Mhamed Taouil

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L’hiver au bled ne se caractérisait pas uniquement par son froid glacial,les gens étaient obligés de poursuivre leurs activités .Assurer des vivres à leurs familles était la mission incontournable de tous et de chacun,une mission nécessitant de l’endurance et beaucoup d’efforts durant toute l’année.Le repos n’était qu à la fin de la saison des moissons ,un repos bien mérité après une longue année de labeur avant la reprise . Beaucoup d’activités caractérisaient la saison d’hiver dont la principale était la récolte des olives,une vaste opération par les ressources humaines et matérielles qu’elle mobilisait et aussi par le nombre d’oliviers qui existaient dans les vallées au nord, à l’ouest et à l’est du village ,le nombre s’estimait à des milliers d’oliviers géants en majorité . Arbres qui ne sont plus depuis l’opération d’abattage qui s’est passée à la fin des années quatre vingt sans de vrais motifs la justifiant.L’opération mobilisait presque la totalité des habitants du village pendant plusieurs semaines que se soit les fermiers propriétaires ou les autres habitants et tout le monde en benifissiait. A côté des fermiers l’opération faisait appel à des gens de métiers,on trouvait ceux chargés de la cueillette et ceux chargés du ramassage;ces derniers, généralement des femmes et des jeunes enfants garçons et filles,ont été moins payés que les premiers.Le travail se faisait pour des salaires journaliers sous forme de mesure d’olives appelée “kourdia”sous multiple du” muid” un cylindre creux en aluminium ayant une capacité d’environ cinq litres;l’équivalent de cinq kilogrammes d’olives.quatre à cinq mesures par jour pour les ouvriers chargés de la cueillette contre deux pour ceux chargés du ramassage .

Quand L’opération de cueillette et de ramassage touchait à sa fin tous les foyers se trouvaient avec des quantités d’olives plus ou moins importantes stockées pour l’extraction de l’huile ;une autre opération encore plus importante par son arsenal logistique et ses méthodes de traitement ainsi que par ses rituels ;on comptait à l’époque plus de quatre moulins traditionnels tel “rhat jamaa”ou moulin de la mosquée .Le système de récolte était axé sur la participation les uns avec les autres avec des salaires en nature,les habitants du village faisaient appel au services de leur voisins, on dirait une cooperative;sorte de structure de production qui se crée spontanément et de façon informelle à chaque début de récolte.C’était comme si chacun possédait ses propres oliviers et benifissiait enfin de compte de sa part de la recolte.Le même mode de travail s’adoptait pour beaucoup d’autres produits tels les figues le maïs,…Les activités liées à la vie du village se faisaient dans un cadre dont le noyau dur était l’échange et la cooperation sous ses multiples aspects d’entraide de telle sorte que personne ne se trouvait vraiment privé ni de l’aide des autres ni des ressources du bled .Tout le monde travaillait et tout le monde en benifissiait .Le plus grand nombre d’oliviers se trouvait à la vallée “jnanate “au nord- ouest de Rchida et le champs “amtell” un peu vers l’est qui était autrefois totalement couvert d’oliviers géants.Parfois un seul olivier prenait aux fermiers une journée à deux pour en finir avec.On adoptait des techniques spéciales lors de la cueillette de ces oliviers ;Il fallait les grimper muni de longs perches en bois surnommés “karkaba” qu’on maniait d’une seul main et “matreg”perche plus lourde et plus longue que les fermiers tenaient des deux mains pour atteindre les olives hors portée de leurs mains et des petites perches.Manier ces deux outils n’est pas donné à quiconque,il fallait donner des coups bien maîtrisés aux branches d’oliviers en des points bien précis de sorte que les coups fassent décrocher les olives sans casser les branches ni les abîmer.Des activités qui ne se passaient pas sans accidents;des ouvriers ont été victimes de chutes suite aux glissades causées par le gel surplombant les troncs d’arbres lors des vagues de froid qui frappaient la région .Dans un tel climat , beaucoup d’entre nous remarquaient les olives se fripaient sans trop savoir pourquoi .c’était leur façon de lutter contre le froid et ça prouvait que la température descendait lors de la saison de récolte des olives à des températures inférieures à zéro,en fait si la température descend à moins de 5 degré en dessous de zéro, l’olive se fripe c’est sa façon de lutter contre le froid. après quelques jours de réchauffement, elle reprend sa forme. Par contre, si la température chute encore plus ,vers les huit à dix degrés au dessous du zero, l’olive restera définitivement fripée et c’était le cas chez nous à “jnanate”.De telle données ainsi que beaucoup d’autres données relatives au traitement des oliviers et à l’oleiculture en général ,manquaient à nous et bien sûr à nos parents fermiers oleiculteurs sans formation ni encadrement dans le domaine sauf de ce qu’ils ont hérité de leurs prédécesseurs comme techniques de traitement des oliviers et d’extraction de l’huile d’olives(à suivre…)Taouil.Med

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