Colonel Mohamed Mellouki: Le journal- LA 2ème LECTURE.. LA BOMBE OKBANY

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COLONEL MOHAMED MELLOUKI LE JOURNAL- LA 2ème LECTURE
LA BOMBE OKBANY

Le Dr Raddad Okbany vient de relancer, dans l’interview qu’il a accordée au journal électronique Hespress, de façon on ne peut plus directe et offensive, son accusation contre des responsables de l’État et des personnalités politiques qui seraient impliqués dans l’assassinat de Omar Benjelloun. Ce n’est pas la première fois qu’il soulève le lièvre. Il l’avait fait auparavant dans certains écrits. L’interview en question est intéressante à double titre : pour son contenu et son auteur. La personnalité de celui-ci pèse aussi lourd que ses révélations. J’ai eu le plaisir de faire la connaissance du Dr Okbany il y deux ans à l’occasion du lancement du livre ‘Mémoires d’un journaliste et trois Rois’ de notre ami commun Mly Mustapha Alaoui. Notre engouement pour ‘ la chose’ politique nous a rapprochés. Il avait lu mon Manifeste politique que j’avais publié quelques mois auparavant sur Internet, et je suivais de mon côté ses articles dans le journal Al Ousboue. Il avait eu la gentillesse de faire état dans un de ses articles d’un de mes écrits dans lequel j’épinglais Mr Benkirane, et de m’offrir par la suite un exemplaire de son livre ‘En marge des mythes du groupe Benkirane’ qu’il venait de publier. S’en est suivie une série de rencontres à domicile au cours desquelles nous échangions, chaque fois, des heures durant, nos appréciations réciproques sur différentes questions d’intérêt national et sur la realpolitik marocaine, qui me permirent sincèrement de combler mes lacunes quant à certains épisodes que je n’avais pas suivis attentivement avant de me mettre à l’écriture et à l’analyse politique. Dont précisément ce qui se rapporte à l’assassinat de Omar Benjelloun. Le peu que j’en ai su de lui m’avait particulièrement emballé. Je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec l’affaire Ben Barka. Les deux victimes ont été liquidées de façon violente par des mains mystérieuses opérant pour le compte, apparemment, de nébuleuses différentes qui si, a priori, ne sont pas, en fait, une seule et même organisation, elles paraissent bien se relier quelque part à un quelconque maillon d’une chaîne commune. J’avoue que l’envie d’en savoir plus me prenait à la gorge chaque fois que je revoyais mon ami, mais par politesse je me refusais de le lui demander ouvertement, par crainte de le gêner, bien qu’honnêtement plus d’une fois, pour lui tirer les vers du nez, je lui ai dit que si l’intérêt de son livre tenait aux révélations exposées, la série des allusions- les non-dits- qu’il charrie me paraissaient plus explosives que les révélations même. Chaque fois, il me répondait mi-sérieux, mi malicieux. Peut-être qu’il ne me cernait pas encore bien, ou qu’il ne voulait pas paraître trop bavard. J’ai préféré, finalement, ne pas trop tirer sur la corde. Notre dernière rencontre remonte à la mi-mars dernier. C’est dire toute ma surprise quand je suis tombé sur l’interview en question. J’en étais sonné. J’ai dû la lire trois ou quatre fois avant de me décider à l’appeler au téléphone, pour lui demander quelle mouche l’avait piqué pour qu’il ait pris le risque de se fourvoyer, aussi à découvert, dans une affaire qu’il sait mieux que quiconque qu’elle pourrait provoquer contre lui une levée de boucliers de l’establichment politico sécuritaro partisan mis en cause. Il m’a répondu qu’il était disposé à affronter le diable parce que ‘cette affaire’ doit impérativement recevoir la suite qu’elle nécessite. Je lui ai demandé si je pouvais en faire le sujet du présent article ; il n’a pas hésité, rajoutant que justice doit passer, et qu’à défaut de produire les preuves de ses dires à la Justice marocaine, il était prêt à les étaler autrement. Ancien diplomate et professeur à la Sorbonne, écrivain et chroniqueur, trilingue, de tempérament conciliant, et au demeurant très sympathique, le personnage, bien établi dans la tête et dans la société, est plutôt genre à surfer sur les évènements. Il peut être acerbe sur une question sans pour autant en faire vraiment sa tasse de thé. Souvent, c’est la dérision qui l’emporte dans ses propos. Parce qu’il affiche l’air de quelqu’un qui scrute le Maroc officiel- et dans une très large mesure toute la spirale qui évolue autour, avec en premier lieu les services de sécurité et l’échiquier politique- comme s’il le voyait évoluer dans une boule de cristal. Boîte noire du Dr El Khatib, comme il se plaît de s’identifier politiquement, le Dr Okbany est une sorte de bombe à fragmentations qui peut exploser à tout moment à la figure de n’importe quelle ponte qui se croit immunisée par la grâce de la position et de la fonction. L’interview qu’il vient de donner n’en est qu’un échantillon. La gravité de son contenu impose à l’État une réaction, d’autant que la Conseillère Mme Rouissi avait elle aussi publiquement accusé, il y a quelques mois au cours d’une séance parlementaire, le Dr El Khatib et la clique Pjdiste de Mr Benkirane de criminels et d’assassins de Omar Benjelloun. De qui ou de quoi l’État marocain a-t-il peur ? Pourquoi Mr Benkirane et son ministre, chef du Parquet et de l’Action publique, optent-ils pour la politique de l’autruche, alors qu’ils sont doublement concernés par l’accusation, au plan fonctionnel et partisan ? Comment expliquer le fait, selon les dires que le Dr Okbany impute à Mr Radi de l’USFP, que l’assassinat d’un Marocain sur le territoire national puisse intéresser les services de renseignements français ? Sommes-nous devant un complément de l’affaire Ben Barka ? Le défunt Omar Benjelloun avait-il eu accès à la vérité sur ce dernier dossier, sur ses exécutants, ses commanditaires, ses motivations ? Était-il un potentiel remplaçant du leader disparu, jetant une ombre et un charisme inquiétants pour la nomenklatura Usfpiste de l’époque ? Pourquoi Mr Yazghi mis en cause jusqu’au cou dans l’affaire se tait-il et se terre-t-il ? Cheikh Moteï a-t-il été le dindon d’une farce mijotée sur son dos ? Qui est ce pontife, 3ème ou 4ème personnage de l’État, bien que son profil soit criard, officiant à la tête de la Sécurité, que le Dr El Khatib avait chargé de cacher dans sa ferme Abdelaziz Nouamane, le présumé assassin de Omar Benjelloun, et qui serait, donc, juridiquement complice dans le meurtre ? Tant de questions et d’autres qui attendent des réponses, sinon les Marocains en tireront une seule conclusion : qu’au Maroc, l’État de droit est aussi établi que J’ha est Sioux.

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