3Lecture critique des nouveaux programmes de français des troncs communs-suite

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3- Les préparateurs des programmes de français des troncs communs ont puisé à la louche au baquet de l’Institut Français pour servir ce qu’elle en a remonté à l’apprenant marocain qu’un grave et profond manque en un apprentissage riche et varié a amaigri et qui, dans le besoin où il se trouve, doit accepter de consommer tout ce qu’on lui sert sur une table dégarnie. Comme je l’ai déjà mentionné dans l’article précédent, l’équipe pédagogique qui a préparé les programmes de français des troncs communs a déjà repris dans ‘’Parcours, livre de l’élève’’ les programmes du semestre 1 de la deuxième année du cycle collégial. Ce qui peut-être qualifié de grave atteinte à l’esprit de l’innovation que l’équipe en question prétend vouloir cultiver et faire admettre chez les intéressés et en particulier chez les professeurs en exercice afin qu’ils fassent agir leurs élèves de manière active et entreprenante, ce qui laisse à tort croire qu’avant cela, l’école marocaine hibernait à cause d’un système scolaire et éducatif morbide . Il aurait fallu donc que l’équipe signataire de la réforme du programme soit venue à sa rescousse pour la réveiller de son profond sommeil et de la léthargie qui l’aurait frappée. En témoigne le slogan brandi et dont l’accent est surtout mis sur AUTREMENT « Agir autrement pour améliorer l’enseignement/apprentissage du français ». On peut se demander de quelle manière l’équipe pédagogique peut faire agir AUTREMENT un élève alors qu’elle lui fait ingurgiter un programme de la même nature et de la même consistance que celui qu’ils lui proposent et qu’ils appellent innovant. De deux choses l’une, ou bien le programme du premier semestre des troncs communs qui est une copie de celui de la deuxième année du cycle collégial a été repris pour avoir contribué de manière effective à l’amélioration du niveau des élèves de la dernière classe du collège, aussi a-t-il été exporté, pour ses vertus pédagogiques et didactiques, vers la première classe du cycle qualifiant. Ainsi il permettra de servir de point de départ et de levier évidents pour la classe de français des élèves des troncs communs pour avoir été testé et donné satisfaction dans les classes de français de la deuxième année du collège. Ou bien, le constat du niveau des classes de français des troncs communs avait donné des signes de faiblesse, de manque ou d’échec, aussi une re-mise à niveau entre la classe du collège et celle du lycée avait-elle nécessité l’entreprise d’un retour de deux crans dans le passé et pour contribuer à un réajustement du niveau de la classe du lycée avec celui de la classe du collège. Si telle est la vision de l’équipe pédagogique à qui la tache de préparer les programmes avait été confiée, et elle ne peut pas être autrement, elle est rétrograde et passéiste au lieu d’être innovante et actionnelle comme elle le laisse faussement croire. Elle met en cause le niveau des élèves du lycée ; ainsi, le niveau des troncs communs concorderait avec celui de la deuxième année du collège et le niveau de la première année du lycée avec celui de la troisième année du collège. Nous ne serons donc nullement surpris que l’équipe pédagogique soit en train de mijoter le programme de la première année du cycle qualifiant sur les vestiges de celui de la troisième année du cycle collégial.

Plus encore, les préparateurs des nouveaux programmes de français des troncs communs ont subordnné l’école publique marocaine à l’Institut Français. En effet, ils proposent aux apprenants marocains d’apprendre de la même manière et avec les mêmes outils que les candidats qui désirent aller continuer leurs études en France. L’Institut Français , comme chacun sait et puisqu’à la fin de chaque année scolaire nos élèves ne parlent que de ça, et leurs parents avec, fait passer aux étudiants des tests obligatoires de connaissance de la langue française, désignés par les initiales TCF, DELF, DALF et autres abréviations à contenus FLE. Ces tests, qui s’appuient sur des documents sonores et vidéos , accompagnent des documents écrits. L’équipe a donc soumis les programmes de l’école publique marocaine à de simples tests dont le but n’est rien d’autre que d’évaluer le niveau ponctuel des connaissances des élèves marocains en langue française. Alors que l’objectif d’un programme revêt un caractère plus profond, plus durable, plus humain et dont la portée s’étale sur plusieurs générations d’apprenants. En outre, si l’Institut Français dispose des outils technologiques (TIC) nécessaires qui lui permettent d’assurer ces tests de contrôle, l’école publique marocaine ne dispose pas de ces moyens pour assurer un apprentissage convenable. Il faut faire la part des choses : rappeler à l’équipe pédagogique qu’il ne faut pas confondre entre les tests de contrôle tels qu’ils sont pratiqués par l’Institut Français et les éléments de l’apprentissage tels qu’ils doivent être appliqués à l’école publique,En conclusion, Monsieur Abdellah Dekhissi, porte-parole et membre de l’équipe qui a préparé les nouveaux programmes de français des troncs communs, comprendra mieux si je lui dis dans les termes qui conviennent, lui qui, à considérer son commentaire sur mon dernier article, en sait quelque chose sur les tropes, ‘’qu’il faut adapter le bât au dos de l’âne’’.A suivre…Zaid Tayeb

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