De la retraite des ministres et des députés

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De la retraite des ministres et des députés

Oujda Portail: Zaid Tayeb

La ministre chargée de l’eau, et nous nous demandons de quelle eau elle est chargée, celle des robinets qui ruine les bourses des citoyens sortis manifester contre la flambée des factures ou celle des pluies dont nous attendons l’arrivée depuis  la dernière  prière rogatoire,  a qualifié la pension des députés et des ministres  retraités  de ‘’jouj francs’’ (deux sous) et qui lui restera collée à la peau comme une verrue sur le bout du nez . Par cette déclaration,  madame la ministre a remué les cendres  sous lesquelles couvaient des braises qui consumaient souterrainement les bûches en surface. Il est bien normal que pour madame la ministre, qui vit dans le faste bourgeois, dans l’abondance souveraine, dans les magnificences et les splendeurs des gens aisés, dans les délices et les réjouissances des biens matériels grâce au poste qu’elle occupe et des nombreux privilèges qu’elle en tire, une pension de 8000 dirhams allouée à un député à la fin de son mandat n’est tout au plus que ‘’jouj francs’’. Nous ne savons seulement pas si on doit prendre le rapport 8000 dh/’’jouj frans’’ au sens métaphorique, synecdochique, euphémique ou mathématique pour en apprécier la profondeur et  la portée à leur juste valeur. Toutefois, madame la ministre et tous ceux qui sont dans sa situation ignorent le besoin, le manque, la privation, la nécessité  pour être élevés dans la haute sphère de la société, dans l’aristocratie ou la bourgeoisie, celle pour qui  8000 dirhams ne vaut pas plus que ‘’jouj francs’’. Dans leurs tours d’ivoire ou de leurs donjons, loin des yeux loin du cœur, ils n’ont jamais pensé, dans leur cécité, les malheureux, aux salaires des petits fonctionnaires de l’Etat et des journaliers, aux sans revenus fixes, aux personnes en situation de précarité, aux pauvres, au petit peuple,  pour tenir des propos innocents ou coupables sur la pension des députés et des ministres en la réduisant à ‘’jouj francs’’. De plus, pour parler d’une retraite, il faut avoir atteint l’âge limite qui est actuellement de soixante ans, avoir contribué à la cotisation à la caisse Marocaine des Retraites, n’en bénéficier qu’une fois l’âge de la retraite atteint et en fonction des prélèvements sur le salaire. Or les ministres et les députés touchent cette pension directement après la fin de leur mandat. Donc, cela n’est pas une retraite, c’est un bonus, une gratification. Nous voici donc revenus sur l’effondrement de la caisse de retraite que le gouvernement veut redresser en prolongeant l’âge de la retraite à 63 ou à 65 ans et en augmentant les prélèvements sur les salaires. Nous comprenons à présent, grâce à ‘’jouj francs’’ de la ministre chargée de l’eau qui a contribué à son effondrement et de quelle manière. Considérons toutes ces sommes versées aux députés et aux ministres depuis que ceux-ci ont transité par le parlement ou par les différents ministères et depuis que nous avons des ministres et des députés pour évaluer la gravité de l’hémorragie causée aux  caisses de l’Etat. Nous ne sommes pas contre la pension des ministres et des députés, nous sommes contre l’irrégularité par laquelle ils en bénéficient et qui est contraire au droit. Nous avons toujours cherché à connaître qui sont les crocodiles et les démons dont avait une fois parlé le premier ministre et nous les avons pris pour des êtres invisibles qui agissent dans l’ombre pour ruiner le pays en subtilisant ses richesses. Ils ne sont en fin de compte que des personnes physiques que le premier ministre côtoie presque chaque jour ou sous les ordres duquel ils agissent.

Il sera dit dans les annales des révolutions qui ont secoué les pays arabes et qui ont mis fin à des empires ont été déclenchées par des femmes. Ainsi les révolutions qui ont fait tomber des chefs d’Etat l’ont été grâce à une gifle donnée par une policière à un marchande ambulant sur une petite  rue d’une petite ville de Tunisie. Il avait fallu cette petite gifle pour que le monde arabe soit pris par l’agitation du changement qui s’est propagée comme une trainée de poudre pour enflammer la Tunisie, la Lybie, l’Egypte, le Yémen,  la Syrie ou contribué à modifier des textes de loi demeurés jusqu’alors profitables aux gouvernants. La déclaration de la ministre chargée de l’eau dans laquelle elle affirme que les ministres et les députés touchent une pension de ‘’jouj francs’’ a suscité une vive polémique  parmi les citoyens de toutes les couches sociales et de toutes  les tendances politiques. De commune voix, ils revendiquent tous l’annulation de cette mesure illégale qui consiste à gratifier les ministres d’une pension en dehors de toute légalité. La ministre chargée de l’eau a soulevé le couvercle  pour nous faire voir le fond du chaudron. Elle aura ainsi contribué  sa façon à déclencher des revendications populaires demandant l’annulation de cette mesure honteuse comme auparavant la policière a contribué à sa façon à déclencher des revendications ayant demandé la chute des dictateurs. Seulement, est-ce que les ‘’jouj francs’’ de la ministre chargée de l’eau parviendra à faire tomber la pension des ministres et des députés  comme la gifle de la policière tunisienne a fait tomber les dictateurs arabes ?

 En conclusion, je crois que la déclaration de la ministre chargée de l’eau a un côté bénéfique en ayant soulevé un problème demeuré parmi les tabous. Il est donc temps, pour le gouvernement, d’intégrer la pension des ministres et des députés dans la réforme de la caisse marocaine de retraite.

ع. بلبشير

2015-12-26 2015-12-26
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