De la peine de mort à la liberté

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2016 08 08
2016 08 08

Oujda Portail: Zaid Tayeb

A l’occasion de la fête du trône, une femme, condamnée à la peine de mort en 1995 pour avoir assassiné son mari avec la complicité de son amant et de deux autres complices, a bénéficié de la grâce royale. Mais cette grâce a été mal accueillie par les citoyens qui ont manifesté leur mécontentement et leur indignation sur les réseaux sociaux et sur Internet. Il leur a semblé que cette grâce a été injuste car cette détenue a vu par trois fois sa peine réduite, ce qui a été considéré comme un privilège dont elle aurait illégalement bénéficié. Ce qui est peut-être vrai, si l’on considère le crime pour lequel elle été condamnée. En effet, cette femme trompait son mari avec un autre homme dont elle avait fait son amant. Comme le mari et l’amant ne pouvaient pas se partager le même lit, et comme choses interdites procurent plus de plaisirs que les choses permises, elle avait comploté avec son amant d’assassiner son mari. Arrêtés et condamnés, la femme et l’amant à la peine de mort, leurs complices dans cette affaire macabre à trente de réclusion criminelle. La société, par le biais de la loi, a rendu justice aux proches de la victime en punissant à leur place les coupables, chacun selon le degré d’implication de sa participation à l’acte collectif de l’assassinat. La famille de la victime, même si cela ne lui a pas rendu son fils, a été vengée de manière juste et dans le cadre de la loi. Les commanditaires du crime, sa femme et ses complices en l’occurrence, qui ont constitué une bande criminelle, ont une dette envers la société et surtout envers la famille de la victime. Ils doivent payer cette dette en purgeant chacun la peine à laquelle il a été condamné. En conséquence, l’instigatrice de l’assassinat est la femme car, sans elle, le crime n’aura jamais eu lieu. En effet, les complices ont agi, en connaissance de cause évidemment, à la demande de la femme et sous son impulsion. Ni la femme, ni le complice principal ne devraient sortir de prison vivants, ni les deux autres avant d’avoir pleinement purgés leur peine de 30 ans chacun. Ainsi doivent aller les choses surtout pour la femme et le complice principal qui ont été condamnés à la peine capitale. Leur grâce ne devait donc pas descendre en deçà de la perpétuité, sachant que la justice marocaine prononce des peines de mort mais qu’elle ne les applique plus depuis la triste exécution d’un certain Haj Thabet. Mais voilà que la femme qui a commandité l’assassinat de son mari, avec la complicité de son amant, a retrouvé la liberté pour soi disant sa bonne conduite pendant son incarcération en prison. Nous pouvons bien admettre que sa peine soit commuée en un emprisonnement à vie pour bonne conduite, comme il a été dit, mais la réduire par trois fois pour la faire sortir de prison, cela semble excessif. D’un autre côté, qu’advient-il de ses complices ? Celui qui écopé de la peine de mort et des deux autres qui ont été condamnés à la prison perpétuelle ? Ils croupissent toujours dans leurs cellules où ils doivent purger leurs peines. Pour l’amant, il ne devra jamais sortir vivant de prison, pour les deux autres, il leur reste une huitaine d’années si jamais ils vont jusque là. Il me semble que c’est la femme qui porte en elle la responsabilité de ce crime odieux commis contre le mari avec la complicité de son amant et deux autres complices appelés en renfort. Sans la femme, ce crime ne devra jamais avoir lieu. Sans elle, les autres complices ne seraient jamais en prison. Si la femme, condamnée à la peine capitale a bénéficié de la liberté, les autres doivent également bénéficier de la réduction de leurs peines. La même justice a été appliquée pour les punir, la même justice doit donc leur rendre leur liberté : un crime, deux degrés de culpabilité, deux sentences. Justice rendue. Mais la libération de la meurtrière ayant assassiné son mari a bafoué cette justice. On peut admettre que les complices qui ont été condamnés à 30 ans de réclusion criminelle bénéficient d’une réduction de leurs peines, car leur participation au crime est moindre que celle de la femme et de l’amant. Oujda Portail: Zaid Tayeb

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